Sur Techcrunch une info intéressante concernant une société de capital renommée : Charles River Ventures (1.8 milliards de dollars investi sur ces 36 dernières années).

Cette dernière lance le projet Quick Start qui consiste à financer des projets en phase d'amorçage: phase cruciale où le créateur formalise son idée, détermine les solutions techniques afin d'aboutir à un prototype ou un démonstrateur.

Ce qui est intéressant dans la démarche c'est la relative faiblesse des tickets d'entrée : les créateurs doivent avoir un besoin de financement compris entre 100 000 et 500 000 dollars.

Notons que la plupart de leurs confrères US interviennent sur des levées de fonds où l'unité de compte est le million de dollars.

De plus les modalités d'interventions sont originales par rapport à notre pays:

Ils financent l'entreprise avec un outil financier qui ressemble fortement à nos obligations convertibles en actions :l'apport d'argent est réalisé sous la forme d'un prêt avec les caractéristiques suivantes :
  • un taux d'intérêt est appliqué,
  • la société de capital risque a la possibilité de convertir son prêt en actions et donc de devenir à terme propriétaire d'une quôte part de l'entreprise financée.
Lorsque la « start up » va passer à une phase de production et de commercialisation de l'innovation, un nouveau tour de table va être lancé. C'est à ce moment là que l'originalité de la démarche apparaît:

De nouveaux capitaux risqueurs vont être appelés afin de financer cette seconde phase. Ces nouveaux entrants vont retenir une valeur de la société qui va déterminer le niveau de dilution des actionnaires initiaux.

Par rapport à cette valorisation Quick Star va bénéficier d'une décote de 5% par mois avec un plafond correspondant à 25%.

Pourquoi nos capitaux risqueurs Français ne proposent pas cette offre qui répondrait pourtant à:
  • une demande de financement de l'amorçage (parent pauvre de la chaîne de financement en France),
  • une demande de financement pour des tickets relativement faibles. On assiste depuis 5 ans à une augmentation régulière des tickets d'entrée ; pour exemple très difficile de mobiliser un FCPI pour des tickets inférieurs à 1 millions d'euros,
  • une demande de réactivité et de rapidité dans la mise en place d'un tour de table. La procédure amenant à une levée de fonds est souvent extrêmement longue (en moyenne plus de 8 mois) Le fait de ne pas négocier dès le départ la valorisation de la société rend l'accord plus aisé et rend peut être les diligences plus rapides et centralisées sur l'essentiel.