Comment garder le contrôle de sa société lorsque l'on apporte moins que la société de capital risque ?
Par Jean Philippe Martinez, jeudi 25 janvier 2007 ( Thème Négocier avec un financier )
« est-il possible que des sociétés de capital investissement (ici) ou des business angels financent mon projet à hauteur de 60%, 70%....et que je conserve au minimum 51% voir plus si possible, tant qu' à rêver? »
Il existe différents instruments financiers permettant d'éviter qu'il y ait une stricte relation proportionnelle entre le montant des fonds apportés et le nombre d'actions détenues in fine.
Si vous faites entrer au capital de votre entreprise une société de capital investissement en lui proposant d'acheter comme instrument des actions ordinaires il existe un mécanisme qui peut répondre à vos objectifs:
Un exemple avec votre future entreprise, d'ailleurs je vous apprend qu'elle est en cours de création, avec le plan de financement prévisionnel suivant:
- En terme de dépenses, le budget est évalué à 144 585 euros (dépôt de brevet, achat de machines outils,)
- En terme de ressources financières:
- 38 115 euros constituent le « cash » que vous apporterez pour financer une partie des dépenses et à ce titre constituer le capital social de l'entreprise.
- 15 000 euros d'emprunt bancaire.
Ce faisant pour équilibrer votre plan de financement vous avez sollicité une société de capital risque afin qu'elle apporte les 91 470 euros manquant. - 38 115 euros constituent le « cash » que vous apporterez pour financer une partie des dépenses et à ce titre constituer le capital social de l'entreprise.
Dans ce contexte vous pourriez craindre de perdre le contrôle de l'entreprise puisque vous apportez 38 115 euros alors que dans le même temps un financier va lui apporter 91 470 euros.
Pourtant le pourcentage de capital dont vous allez disposer in fine dépend surtout de la valeur de votre société.
Cas 1: une valorisation favorable
Après l'étude de votre business plan (ici) , 5 rencontres avec le chargé d'affaires de la société de capital risque, plusieurs contacts téléphoniques avec un chargé d'études, vous êtes d'accord sur un niveau de valorisation de la société.
Celle-ci est évaluée à 350 00 euros avant l'entrée de la société de capital risque.
Ainsi avant l'entrée de la société de capital risque votre entreprise valait 350 000 euros et après leur apport d'argent frais à hauteur de 91 470 euros, votre entreprise vaut 441 470 euros (350 000 + 91470).
Ce faisant, et si on arrondi les chiffres, la société de capital risque possède 21% de l'entreprise (91 470 / 441 470*100) alors que vous à titre personnel vous conservez la majorité avec 79% des actions.
Autrement dit alors que vous avez apporté 29% des ressources de financements (38 115 euros/ 129 585*100) vous possédez 79% de la société alors que les financiers qui ont apporté 71% ( 91 470 / 129 585*100) des fonds possèdent in fine 21% des actions.
Cas 2 : une valorisation moins favorable
Après l'étude de votre business plan, 5 rencontres avec le chargé d'affaires; vous êtes d'accord sur un niveau de valorisation de la société. Celle-ci est évaluée à 38 115 euros avant l'entrée de la société de capital risque, soit le montant du capital social.
Dans ce cas, la dilution va être importante car après l'intervention de la société de capital risque la société vaudra 129 585 euros (38 115 + 91470), ce faisant les financiers détiendront 71% de la société (91 470 / 129 585 *100).
Par ces deux exemples on voit bien que c'est le niveau de valorisation de votre entreprise qui va déterminer le pourcentage de détention que vous aurez après l'accueil de nouveaux financiers.
Plus cette valorisation sera supérieure au montant du capital social plus vous détiendrez d'actions.
Ainsi votre challenge consiste à prouver que votre entreprise vaut nettement plus que le capital social ?.







