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Comment garder le contrôle de sa société lorsque l'on apporte moins que la société de capital risque ?

Vous êtes nombreux sur ce blog à vous interroger sur le dilemme apparent:

« est-il possible que des sociétés de capital investissement (ici) ou des business angels financent mon projet à hauteur de 60%, 70%....et que je conserve au minimum 51% voir plus si possible, tant qu' à rêver? »

Il existe différents instruments financiers permettant d'éviter qu'il y ait une stricte relation proportionnelle entre le montant des fonds apportés et le nombre d'actions détenues in fine.

Si vous faites entrer au capital de votre entreprise une société de capital investissement en lui proposant d'acheter comme instrument des actions ordinaires il existe un mécanisme qui peut répondre à vos objectifs:

Un exemple avec votre future entreprise, d'ailleurs je vous apprend qu'elle est en cours de création, avec le plan de financement prévisionnel suivant:
  • En terme de dépenses, le budget est évalué à 144 585 euros (dépôt de brevet, achat de machines outils,)
  • En terme de ressources financières:

    • 38 115 euros constituent le « cash » que vous apporterez pour financer une partie des dépenses et à ce titre constituer le capital social de l'entreprise.

    • 15 000 euros d'emprunt bancaire.

    Ce faisant pour équilibrer votre plan de financement vous avez sollicité une société de capital risque afin qu'elle apporte les 91 470 euros manquant.

  • Dans ce contexte vous pourriez craindre de perdre le contrôle de l'entreprise puisque vous apportez 38 115 euros alors que dans le même temps un financier va lui apporter 91 470 euros.

    Pourtant le pourcentage de capital dont vous allez disposer in fine dépend surtout de la valeur de votre société.

    Cas 1: une valorisation favorable

    Après l'étude de votre business plan (ici) , 5 rencontres avec le chargé d'affaires de la société de capital risque, plusieurs contacts téléphoniques avec un chargé d'études, vous êtes d'accord sur un niveau de valorisation de la société.

    Celle-ci est évaluée à 350 00 euros avant l'entrée de la société de capital risque.

    Ainsi avant l'entrée de la société de capital risque votre entreprise valait 350 000 euros et après leur apport d'argent frais à hauteur de 91 470 euros, votre entreprise vaut 441 470 euros (350 000 + 91470).

    Ce faisant, et si on arrondi les chiffres, la société de capital risque possède 21% de l'entreprise (91 470 / 441 470*100) alors que vous à titre personnel vous conservez la majorité avec 79% des actions.

    Autrement dit alors que vous avez apporté 29% des ressources de financements (38 115 euros/ 129 585*100) vous possédez 79% de la société alors que les financiers qui ont apporté 71% ( 91 470 / 129 585*100) des fonds possèdent in fine 21% des actions.

    Cas 2 : une valorisation moins favorable

    Après l'étude de votre business plan, 5 rencontres avec le chargé d'affaires; vous êtes d'accord sur un niveau de valorisation de la société. Celle-ci est évaluée à 38 115 euros avant l'entrée de la société de capital risque, soit le montant du capital social.

    Dans ce cas, la dilution va être importante car après l'intervention de la société de capital risque la société vaudra 129 585 euros (38 115 + 91470), ce faisant les financiers détiendront 71% de la société (91 470 / 129 585 *100).

    Par ces deux exemples on voit bien que c'est le niveau de valorisation de votre entreprise qui va déterminer le pourcentage de détention que vous aurez après l'accueil de nouveaux financiers.

    Plus cette valorisation sera supérieure au montant du capital social plus vous détiendrez d'actions.

    Ainsi votre challenge consiste à prouver que votre entreprise vaut nettement plus que le capital social ?.
 

Business plan et société de capital risque

Je viens de terminer un séminaire de formation où pendant deux jours nous avons étudié avec des ingénieurs créateurs d'entreprises innovantes, hébergées par l'Incubateur de l'Ecole des Mînes d'Alès (ici) , la délicate question de l'élaboration d'un business plan efficace.

Le business plan efficace étant celui qui permet à l'entrepreneur de motiver le lecteur destinataire du document dans le sens souhaité. Sachant que le sens souhaité peut prendre différentes natures:
  • obtenir un prêt bancaire,
  • négocier l'entrée de capitaux risqueur,
  • obtenir l'intégration de futurs associés apportant une compétence technique.
  • ...
Dans la mesure où un business plan doit toujours s'adapter au lecteur final il sera forcément différent dans sa structure mais également dans son contenu selon que l'on s'adresse à une collectivité territoriale (région, département), une banque, voire à un business angel.

Par conséquent avant décrire le business plan mieux il vaut appréhender quels sont les objectifs et référentiels culturels du destinataire dudit document.

Par rapport à cette compréhension des objectifs de « l'autre » est revenue la question centrale au sujet des sociétés de capital investissement : à partir de quel niveau de rentabilité ou de plus values les sociétés de capital risque sont intéressées par un projet ?

Une première réponse consiste à indiquer que pour obtenir un Taux de Rendement Interne (TRI) de leur portefeuille supérieur à 12% par an, chaque projet est étudié en phase de création probablement avec un Taux de Rendement Interne supérieur à 40%. C'est en espérant sur certains dossiers faire entre 40% et 110% que la société de capital risque compensera les dossiers à perte et pourra in fine afficher un TRI au-delà de 12%.

L'autre réponse consiste à étudier les projets récents qui ont fait l'objet de plus values jugées intéressantes. Pour exemple la société de capital risque Acess2Net (ici) vient de céder les 10% qu'elle possédait chez la société PRYLOS.

Quelques informations sur l'opération:
  • Acces2net avait valorisé la société avant leur intégration à 585 000 euros,
  • Acces2 net a apporté 65 000 euros ce qui valorisait la société après augmentation de capital à 650 000 euros. Ce faisant Acces2Net possédait bien 10% du capital.
  • les actions ont été vendues 167 000 euros soit une plus value de 102 000 euros
Au total sur un an le TRI a été 157%,.....intéressant non ?

En conséquence: si votre projet peut afficher potentiellement des niveaux de TRI proche de ceux de la société PRYLOS alors vous intéresserez nos amis capitaux risqueurs.
 

Un leveur de fonds pourquoi faire (suite)

Dans un précédent billet (ici) j'avais abordé l'intérêt pour un créateur d'entreprise de recourir à un leveur de fonds afin d'augmenter les probabilités de réussite.

En effet, le cheminement pour arriver au bout d'une levée de fonds est longue. Vous allez passer beaucoup de temps avec le leveur de fonds que ce soit en face à face ou au téléphone. Mieux vaut donc bien s'entendre.

Ce serait une erreur de considérer que faire appel à un leveur de fonds permet de sous-traiter cette activité... pour réussir, une véritable "co-production" doit exister entre vous et le consultant.

A titre personnel pour ce type de mission je refuse élégamment toutes les propositions de collaboration où il n'y a pas de "feeling". Difficile d'imaginer devoir passer au minimum 15 jours temps plein sur le projet (sur une durée totale de 6 mois minimum), de converser au téléphone avec l'entrepreneur au minimum deux fois par semaine, de mener des séances de formation/préparation...si le courant ne passe

Je vous rassure il y a des missions que je mène et pourtant je n'ai pas forcément d'atome crochus avec le client. Ce sont des missions où la technicité et le savoir -faire dépendent moins du client.

Dans une levée de fonds on "vend" l'entrepreneur et le projet. Sans des ingrédients de qualité et quelque soit la compétence de l'intermédiaire l'issue sera négative.

Par contre lorsque l'on mène des missions plus techniques comme...:

  • le rachat d'entreprise (sans conservation du créateur initial),
  • l'étude d'impact d'investissement lourd au niveau commercial, financier et fiscal,
  • une étude d'opportunité de création d'une pépinière d'entreprise...
... on peut tout à fait s'exonérer d'une ampathie amicale.


Pour terminer, et partant du principe que l'on est jamais si bien servi que par soi même j'espère que sur 2007 quelles que soient les entreprises ou les collectivités territoriales (Maries, Communautés d'agglomérations, Conseils Généraux...) que je serai amener à conseiller il y aura beaucoup de FEELING.....

Je m'éclipse quelques temps dans un endroit où l'accès internet ne sera pas possible (en plus c'est une volonté,si,si...) et vous souhaite donc par anticipation un excellent réveillon et au plaisir de se croiser sur le blog ou ailleurs en 2007....
 

Capitaux risqueur et banquiers: fournisseurs et clients à la fois ?

Je discutais il y a peu avec un créateur d'entreprise qui avait obtenu 300 000 euros d'une société de capital risque et 200 000 euros d'une banque. Nous relations les démarches réalisées, les difficultés rencontrées et puis dans un élan sémantique il m'annonça "qu'au final les chargés d'affaires avaient été sympas en finançant son projet".

Bien que je ne remette pas en doute le caractère sympathique des chargés d'affaires (quoique certains...) néanmoins dans le cadre d'un levée de fonds la notion de sympathie parait assez éloignée du sujet.
  • Un organisme de financement qu'il prête de l'argent ou qu'il intervienne en fonds propres ne le fait jamais par sympathie mais parce qu'il en voit voit un intérêt personnel/professionnel.

  • En simplifiant un peu, une banque ou un capital risqueur "achète" de l'argent pour le revendre auprès d'entrepreneurs. A ce titre vous devez considérer ces organismes comme des fournisseurs, qui comme leur confrère, vivent et prospérent grâce à vous...

    ...Donc aucune raison d'arriver lors des entretiens en position de soumission.
  • Dans le même temps il convient de considérer les représentants de ces organismes avec le même égard que vous réservez à vos clients: de l'attention, de l'écoute, une envie de les convaincre, une compréhension de leurs objectifs, une capacité à adapter votre argumentaire...

    ...et surtout comme avec tous vos clients parler en dernier de ce qui fâche : le prix (dans votre cas on parlera de valorisation de votre projet ou de votre entreprise).

En résumé si l'on suit ce billet il faut considérer les banques et les sociétés de capital risque comme des fourinsseurs mais également comme des clients...c'est clair non ?

J'aime bien me faire des noeuds dans le cerveau, désolé !.....
 

Un leveur de fonds pourquoi faire?

(Billet actualisé)

Un article dans le journal du net (ici) , comprenant des conseils de Pascal Mercier (voir son blog ici), aborde la problématique de la recherche de financements auprès de capitaux risqueurs avec ou sans l'accompagnement d'un leveur de fonds.

Par rapport à cet article trois compléments d'informations et une précision sur la rémunération d'un leveur de fonds:

1- Dans le cadre d'une levée de fonds en phase d'amorçage le recours à un intermédiaire spécialisé parait indispensable:

Dans la chaîne du financement de la création d'entreprise le parent pauvre reste sans contexte le financement des dépenses de faisabilité technologique et commerciale. Cette étape est cruciale puisque l'entrepreneur cherche des fonds pour finaliser son produit, pour concevoir le prototype voire déposer un brevet.... et ce 1 à 2 ans avant de lancer véritablement la phase de commercialisation et de production.

Cette phase très risquée est peu appréciée par les sociétés de capital investissement qui préfèrent financer des entreprises "matures" (capital développement) ou des opérations de transmission (capital transmission).

Ce faisant combien y -a - t 'il véritablement de projets financés en phase d'amorçage ? 20,30,40,... moins de 100 probablement. Rapporté au nombre d'entrepreneurs en quête de financement, 500, 800 probablement plus de 1 000, la probabilité de réussite est faible.

Compte tenu du niveau d'exigence des sociétés de capital risque, un professionnel intermédiaire n'est pas du luxe.

2- L'article laisse entendre que les leveurs de fonds n'interviennent pas en dessous d'un besoin de financement évalué à 2 millions d'euros.
Un intermédiaire peut tout à fait intervenir sur des montants plus faibles, par contre le taux de rémunération sera plus élevé.

3- De plus la pertinence du modèle économique et à déconnecter des montants recherchés.
Un projet à 2 millions d'euros n'est pas plus crédible qu'un projet à 200 000 euros.

Concernant la rémunération des leveurs de fonds, celle-ci comprend généralement deux composantes:
  • L'aide à la conception ou à la refonte du business plan.

    Notons qu'à mon sens le business plan (BP) type n'existe pas. Un business plan sera conçu différemment selon qu'il soit destiné à OSEO/ANVAR, à un Conseil Régional ou à un capital risqueur.

    Les attentes de ces 3 organismes étant différentes le Business plan mettra en lumière des points particuliers.

    La fourchette de prix peut être "assez délirante" puisque selon les cabinets cela va de 5 000 euros à 30 000 euros
  • L'accompagnement à la levée de fonds (préparation des entretiens, négociation des modalités d'entrée, étude du pacte d'actionnaire...). La rémunération est en générale de 5% jusqu'à 150 000 euros, puis le pourcentage diminuera en fonction du montant recherché.